Enjeux de la politique familiale
Prise de parole en séance publique, deuxième séance du jeudi 27 mars 2025 : Enjeux de la politique familiale.
Le relevé d’archive
Séance publique, deuxième séance du jeudi 27 mars 2025, sur « Enjeux de la politique familiale ». Texte du compte rendu intégral, sans coupe ni reformulation.
Prise de parole
Un berceau vide et des vies brisées, voilà ce que signifie pour 2 800 familles la mortalité infantile en France en 2024. Depuis 2020, la hausse de la mortalité infantile est vertigineuse. La France, qui a longtemps figuré dans le trio de tête, est maintenant classée vingt-troisième sur vingt-sept en Europe, entre la Pologne et la Bulgarie. Dans notre pays, 4,1 nouveau-nés sur 1 000 décèdent avant d’avoir soufflé leur première bougie ; 2 000 de ces enfants meurent même avant leur premier mois de vie !
Cette situation est d’abord due au fait que la distance n’a cessé d’augmenter entre les maternités et les femmes : 75 % des maternités ont fermé en cinquante ans et dix départements ne comptent plus qu’une seule maternité. Or une étude démontre qu’un temps de trajet supérieur à 45 minutes double le taux de mortalité périnatale.
Cela fait huit ans qu’Emmanuel Macron est à la tête du pays ; huit ans de hausse ininterrompue de la mortalité infantile ! Qu’avez-vous fait, madame la ministre, depuis que vous êtes aux responsabilités, pour endiguer cette terrible réalité ? Rien ! Au contraire, vous l’accélérez, en continuant de fermer des maternités, en rognant dans les budgets et en dégradant les conditions de travail des soignants. Pour les familles les plus précaires, la réduction de la protection maternelle et infantile fait des ravages, alors que la pauvreté explose.
Pire, vous osez parler de réarmement démographique – le même terme qu’utilise Viktor Orbán, qui s’en prend au droit à l’avortement, en Hongrie – alors que vous êtes incapables de mener une politique de santé publique capable de garder en vie les enfants qui naissent.
Constater ce fléau ne suffit pas. Quand agirez-vous, madame la ministre, face au scandale de la mort avant la vie ? Permettez-moi de vous poser deux questions précises : envisagez-vous, enfin, d’instaurer le registre national des naissances, pour que le système de santé périnatale cesse de fonctionner à l’aveugle ? Vous engagez-vous à consentir, au moins, un moratoire sur la fermeture des maternités, alors que l’Académie de médecine prône encore la fermeture de 111 d’entre elles, au risque de mettre en danger la santé des mères et des nourrissons ? (M. Louis Boyard applaudit.)
Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.