Projet de loi de finances pour 2026 — Après l’article 2 (suite)
Prise de parole en séance publique, troisième séance du samedi 25 octobre 2025 : Projet de loi de finances pour 2026 › Première partie (suite) › Après l’article 2 (suite).
Le relevé d’archive
Séance publique, troisième séance du samedi 25 octobre 2025, sur « Projet de loi de finances pour 2026 › Première partie (suite) › Après l’article 2 (suite) ». Texte du compte rendu intégral, sans coupe ni reformulation.
Prise de parole
Monsieur le rapporteur, normalement vous êtes là pour donner votre avis sur les amendements ; pas pour vous faire le mauvais arbitre des élégances. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Nous dirons ce que nous voulons, de la manière dont nous le voulons ; c’est pour cela que nous avons été toutes et tous élus.
Il y a quelques instants, M. Sitzenstuhl nous a fait son cinéma en prétendant que l’amendement que j’ai défendu, prévoyant la valorisation du bois sur le territoire national, visait la préférence nationale. Permettez-moi de rappeler qu’il y a soixante ans, on comptait 15 000 scieries en France, et qu’aujourd’hui il n’y en a plus que 1 500 ; qu’il ne reste plus que 10 000 des 25 000 emplois que comptait la filière en 1980. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Sur des territoires entiers, des activités économiques et des milliers d’emplois ont disparu. Eh bien, monsieur Sitzenstuhl, vous irez expliquer aux uns et aux autres que cela n’a aucune importance ! Vous irez expliquer aux agents de l’Office national des forêts (ONF), un service public essentiel dont les effectifs ont chuté de 15 000 à environ 9 000 aujourd’hui, que cette perte de 6 000 postes n’a aucune importance !
Monsieur le rapporteur, vous êtes très peu au fait de ce qui se passe dans nos forêts. Je vous le dis : les coupes rases sont effectuées de manière industrialisée dans ce pays, y compris quand il n’y a pas de raison sanitaire de les faire. L’amendement prévoit d’ailleurs cette situation, mais sans motif sanitaire, la coupe rase doit être l’exception et non la norme. (« Vous n’y connaissez rien ! » sur les bancs du groupe HOR.)
Dans les forêts, on constate trop souvent un triptyque combinant plantations, coupes rases et monocultures. Dans le Morvan, 50 % des forêts diversifiées de feuillus ont été remplacées par des résineux. C’est une catastrophe pour notre pays.
Par conséquent, non seulement nous connaissons notre sujet, monsieur le rapporteur, mais c’est vous qui méconnaissez les conséquences que la généralisation des coupes rases entraîne sur les emplois, comme le démontrent l’histoire et les chiffres que je vous ai donnés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.