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Mathilde Panot

Prise de parole en séance

Suspension et reprise de la séance

Date de l’acte

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Prise de parole en séance publique, deuxième séance du mardi 25 novembre 2025 : Suspension et reprise de la séance.

Le relevé d’archive

Séance publique, deuxième séance du mardi 25 novembre 2025, sur « Suspension et reprise de la séance ». Texte du compte rendu intégral, sans coupe ni reformulation.

Prise de parole

Vous reprenez un ministère dont je comprends que vous ne puissiez maîtriser immédiatement tous les enjeux. Il n’empêche que la Macronie est au pouvoir depuis huit ans et que la Guyane continue de souffrir d’un sous-investissement chronique qui entrave son présent et son avenir. Je rappelle quelques chiffres : un Guyanais sur deux vit sous le seuil de pauvreté, alors même que ce seuil est inférieur de 60 % à celui de l’Hexagone ; 13 à 20 % de la population est privée d’électricité ; un habitant sur cinq est privé d’accès à l’eau ; je ne reviendrai pas sur les problèmes de logement déjà évoqués ; la Guyane souffre d’une pénurie de personnels médicaux et paramédicaux, et 700 enfants attendent une place dans un établissement médico-social. Malgré tout cela, Emmanuel Macron a osé, lors de sa visite en 2017, dire aux Guyanais qu’il n’était pas le père Noël ! Combien de temps les citoyens et citoyennes des territoires dits d’outre-mer devront-ils se battre pour obtenir simplement le respect de leurs droits et la pleine considération des pouvoirs publics ?

Plusieurs collègues, parmi lesquels Jean-Victor Castor et Clémence Guetté, ont rendu il y a deux ans un rapport d’information dans lequel ils recommandaient d’accélérer la restitution du foncier en Guyane. Vous nous avez indiqué que des concertations avaient repris au sujet de la restitution par l’État de 400 000 hectares ; Jean-Victor Castor ayant rappelé que pas un mètre carré n’avait été restitué en 2025, vous avez dit que cela se ferait courant 2026. Quel est le calendrier exact ?

Le rapport préconisait de désenclaver le territoire par un réseau routier. Où en est la Route du fleuve, promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2022 ? Pourquoi une commune sur trois est-elle toujours inaccessible par la route ?

Le rapport recommandait également de garantir l’accès à tous les services publics de base, notamment à l’eau potable – évoquée par les intervenants que nous avons reçus –, à l’électricité, à l’éducation, à la sécurité et à la santé. Nous en sommes très loin.

Enfin, nous avons parlé de l’orpaillage illégal et de ses conséquences terribles sur la vie et la santé des Guyanais. Qu’allez-vous faire, en particulier s’agissant du scandale qu’est l’exposition au mercure et au plomb ? Je rappelle que des associations de victimes ont saisi le tribunal administratif pour carence fautive de l’État dans sa mission de protection de la population.

Je terminerai par deux remarques brèves. Premièrement, vous n’avez pas répondu à Jean-Victor Castor au sujet du port en eau profonde, je me permets donc de reposer la question. Deuxièmement, vous avez dit que l’État n’avait ni l’argent ni le temps pour construire une nouvelle prison en Kanaky Nouvelle-Calédonie ; je trouve ces propos particulièrement malvenus, étant donné que la prison de Camp Est est la pire de la République française et qu’il est plus de temps que fermer ce lieu indigne.

Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.